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Dénutrition en EHPAD : signes, dépistage, prévention (2026)

Publié le 8 juillet 2026 · Mis à jour le 8 juillet 2026 · Par SeniorVigil

La dénutrition touche, selon la HAS, entre 15 % et 38 % des personnes âgées en institution, et environ la moitié des résidents sont « à risque » dès leur entrée. Elle aggrave chutes, infections et perte d’autonomie. Depuis 2021, la HAS pose un diagnostic simple : au moins un critère « phénotypique » (perte de poids, IMC bas, fonte musculaire) associé à au moins un critère « étiologique » (baisse des apports, maladie). Un résident peut être dénutri même en surpoids. Familles et proches ont un rôle clé : repérer les signes (vêtements devenus larges, plateaux non finis, fatigue) et alerter l’équipe.

Repères de l’article — Équipe éditoriale SeniorVigil. Sources : Haute Autorité de Santé (recommandations dénutrition personne âgée, novembre 2021), HCSP, Assurance Maladie. Informatif, ne remplace pas un avis médical. Dernière mise à jour : 8 juillet 2026.

Qu’est-ce que la dénutrition chez la personne âgée ?

La dénutrition est un déséquilibre entre les apports et les besoins de l’organisme, entraînant une perte de masse (notamment musculaire) et un risque accru de complications : chutes, fractures, infections, escarres, hospitalisations, perte d’autonomie. Elle est fréquente en institution (15 à 38 % des résidents selon la HAS) et souvent sous-diagnostiquée, car masquée par l’âge ou le surpoids.

Les critères de diagnostic (HAS 2021)

Depuis 2021, la HAS a simplifié le diagnostic chez la personne de 70 ans et plus. Il faut au moins un critère phénotypique ET au moins un critère étiologique.

Critères phénotypiques (au moins un) :

  • perte de poids ≥ 5 % en 1 mois, ou ≥ 10 % en 6 mois, ou ≥ 10 % par rapport au poids habituel ;
  • IMC < 22 kg/m² ;
  • réduction de la masse et de la force musculaires (sarcopénie).

Critères étiologiques (au moins un) :

  • réduction de la prise alimentaire ≥ 50 % pendant plus d’une semaine (ou toute réduction > 2 semaines) ;
  • malabsorption/maldigestion ;
  • maladie aiguë, chronique évolutive ou maligne (avec ou sans syndrome inflammatoire).

Une fois la dénutrition diagnostiquée, on en évalue la sévérité. La dénutrition est sévère si l’un de ces critères est présent : IMC < 20 kg/m², perte de poids ≥ 10 % en 1 mois ou ≥ 15 % en 6 mois, ou albuminémie < 30 g/L. Point important : l’albuminémie n’est pas un critère de diagnostic à elle seule — c’est un marqueur de sévérité, qui s’interprète une fois la dénutrition établie sur les critères ci-dessus.

À noter : l’obésité n’exclut pas la dénutrition. En cas de surpoids, on écarte le critère IMC et on s’appuie sur la perte de poids et la fonte musculaire.

Les signes d’alerte que les familles peuvent repérer

  • Vêtements, bagues ou dentier devenus trop larges.
  • Plateaux-repas peu ou pas terminés, désintérêt pour les repas.
  • Fatigue, apathie, chutes répétées, cicatrisation lente.
  • Troubles de la déglutition, problèmes dentaires ou de bouche.
  • Isolement pendant les repas, dépression.

En cas de doute, demandez à l’équipe le suivi du poids du résident : la HAS recommande une pesée à l’entrée puis au moins une fois par mois en EHPAD.

Ce qu’un bon EHPAD met en place

  • Pesée régulière (mensuelle) et surveillance de la courbe de poids.
  • Dépistage systématique (outils type MNA) et évaluation par un médecin/diététicien.
  • Adaptation des repas : textures modifiées si troubles de déglutition, enrichissement, collations, respect des goûts.
  • Environnement des repas : aide au repas, temps suffisant, convivialité.
  • Soins bucco-dentaires et prise en charge des pathologies sous-jacentes.

C’est un marqueur de qualité : lors d’une visite, interrogez l’établissement sur le suivi nutritionnel et consultez, sur sa fiche, la cotation HAS et les éventuelles alertes qualité.

Questions fréquentes

Comment savoir si mon parent est dénutri en EHPAD ?

Le premier signal est la perte de poids : ≥ 5 % en 1 mois ou ≥ 10 % en 6 mois est un critère de dénutrition (HAS 2021). Demandez le suivi du poids à l’équipe et surveillez l’appétit, la fonte musculaire et la fatigue.

Peut-on être dénutri en étant en surpoids ?

Oui. La dénutrition concerne la masse musculaire et les apports, pas seulement le poids total. Chez une personne en surpoids, on se base sur la perte de poids et la fonte musculaire plutôt que sur l’IMC.

Un simple bilan sanguin (albumine) suffit-il à diagnostiquer la dénutrition ?

Non. L’albuminémie basse (< 30 g/L) est un marqueur de sévérité, pas un critère de diagnostic isolé. Le diagnostic exige un critère phénotypique (poids, IMC, muscle) et un critère étiologique (apports, maladie).

Que faire si je pense que mon proche est dénutri ?

Alertez le médecin coordonnateur ou l’infirmier, demandez une pesée et une évaluation nutritionnelle. Une prise en charge précoce (enrichissement, compléments, traitement de la cause) est plus efficace.

Sources et références

Voir aussi : bien choisir son EHPAD · qualité, inspections et sanctions · comparateur EHPAD Île-de-France.

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