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SOURCES : HAS · CNSA · ARS · FINESS · data.gouv.fr
Droits & démarches

Baromètre de la transparence des EHPAD d'Île-de-France 2026

Publié le 14 mai 2026 · Mis à jour le 14 mai 2026 · Par SeniorVigil

Sur les 703 EHPAD d’Île-de-France, 517 (73,5 %) ont leur tarif d’hébergement absent de la base nationale officielle CNSA. Le tarif dépendance GIR 1-2, qui détermine pourtant le reste à charge réel des familles, est manquant pour 514 établissements (73,1 %). Et 139 EHPAD (19,8 %) présentent un trou total : ni tarif CNSA, ni évaluation qualité HAS, ni contrôle d’hygiène alimentaire publié.

Important — ce que ce baromètre mesure (et ce qu’il ne mesure pas) : il mesure la disponibilité publique de quatre familles d’informations utiles aux familles. Il ne juge pas la qualité des établissements. Une donnée absente peut résulter d’un défaut de remontée à la CNSA, d’un retard administratif, d’une fusion ou d’un changement de gestionnaire, ou d’une consolidation FINESS imparfaite. Nous appelons les établissements concernés à mettre à jour leurs données sur les portails officiels pour apparaître dans les prochaines éditions de ce baromètre — voir notre droit de réponse plus bas.

Téléchargement de la donnée brute : la matrice complète (CSV, 42 KB) est disponible pour les journalistes, chercheurs et professionnels du secteur. Télécharger transparence-idf-2026.csv (mise à jour 14 mai 2026).

Ce baromètre, calculé par SeniorVigil à partir des quatre bases publiques officielles (FINESS, CNSA, HAS Qualiscope, Alim’confiance) et mis à jour le 14 mai 2026, mesure pour la première fois — département par département et statut juridique par statut juridique — qui publie ce que la loi exige, et qui ne publie rien.

Le constat global en un chiffre

Sur les quatre obligations de transparence qui s’imposent aux EHPAD français, un seul indicateur dépasse les 60 % de publication en Île-de-France : l’évaluation qualité HAS Qualiscope, publiée pour 61,6 % du parc. Les trois autres dimensions — tarif hébergement, tarif dépendance, contrôle d’hygiène — restent absentes dans plus de sept fiches sur dix.

IndicateurPublié (n)Publié (%)Absent (%)
Tarif hébergement chambre simple186 / 70326,5 %73,5 %
Tarif dépendance GIR 1-2189 / 70326,9 %73,1 %
Évaluation qualité HAS Qualiscope433 / 70361,6 %38,4 %
Contrôle d’hygiène Alim’confiance199 / 70328,3 %71,7 %

Autrement dit : pour environ trois EHPAD sur quatre, une famille qui consulte les bases publiques officielles ne trouvera pas le prix de la chambre. Ce silence n’est pas anecdotique — il a un effet direct sur la capacité des familles à comparer, à négocier, et même à comprendre ce qu’elles paient.

Méthodologie

Le périmètre couvre les 703 EHPAD recensés au répertoire FINESS dans les huit départements franciliens (75, 77, 78, 91, 92, 93, 94, 95) à la date d’analyse. Quatre sources publiques ont été croisées :

  • FINESS — répertoire national des établissements sanitaires et médico-sociaux (statut juridique, adresse, capacité).
  • CNSA — jeu de données « prix hébergement et tarifs dépendance des EHPAD » diffusé sur data.gouv.fr.
  • HAS Qualiscope — évaluations qualité réalisées depuis 2023 selon le nouveau référentiel HAS.
  • Alim’confiance / DGAL — résultats des contrôles officiels en hygiène alimentaire.

Un tarif est considéré comme publié si la valeur correspondante dans la base CNSA est numérique et strictement positive. Un champ vide, nul ou absent compte comme non publié — qu’il s’agisse d’un défaut de remontée ou d’un refus de l’établissement. Le baromètre ne préjuge pas de la cause.

Limites assumées. Une absence dans la base publique ne signifie pas qu’un tarif n’existe pas en pratique : l’établissement peut le communiquer aux familles qui le demandent. Le baromètre mesure la transparence publique opposable — celle qui permet à un aidant, un journaliste, ou un agent public de comparer sans démarche individuelle. C’est cette transparence-là qui est rendue obligatoire par la loi.

Tarifs hébergement : qui publie, qui cache

Le département où la publication tarifaire est la plus défaillante est le Val-de-Marne (94), avec 81,9 % d’EHPAD sans tarif d’hébergement publié dans la base CNSA. À l’opposé, Paris (75) affiche le meilleur taux de publication — 35,1 % d’EHPAD avec tarif disponible —, ce qui reste néanmoins une couverture minoritaire.

DépartementEHPAD (n)Tarif hébergement absentTarif hébergement publié
75 — Paris7464,9 %35,1 %
91 — Essonne10272,5 %27,5 %
78 — Yvelines9073,3 %26,7 %
95 — Val-d’Oise7573,3 %26,7 %
93 — Seine-Saint-Denis6473,4 %26,6 %
77 — Seine-et-Marne11674,1 %25,9 %
92 — Hauts-de-Seine11074,5 %25,5 %
94 — Val-de-Marne7281,9 %18,1 %

L’écart Paris/Val-de-Marne — 17 points — traduit moins une différence territoriale qu’une différence dans la remontée administrative des données entre conseils départementaux et CNSA. Le baromètre ne préjuge donc pas d’une responsabilité locale ; il documente un constat : la même obligation légale produit des taux de publication très variables d’un département à l’autre.

Tarifs dépendance : un angle mort pour le calcul du reste à charge

Le tarif dépendance GIR 1-2 est, en pratique, le chiffre que doit connaître toute famille pour estimer le reste à charge après déduction de l’APA. Il est manquant pour 514 EHPAD franciliens (73,1 %) — un taux quasi identique à celui du tarif hébergement, signe que les deux carences vont de pair : un établissement qui ne publie pas l’un ne publie généralement pas l’autre.

Cette opacité tarifaire systémique a un coût mesurable : une famille qui ne dispose pas du tarif officiel ne peut pas vérifier que le devis qu’on lui présente respecte le plafond conventionné fixé par le conseil départemental.

Évaluation qualité HAS : la moitié seulement des privés commerciaux et publics évalués est visible

L’évaluation HAS Qualiscope, déployée depuis 2023, est l’indicateur le mieux couvert : 433 EHPAD sur 703 (61,6 %) disposent d’une cotation publique. Mais ce taux global masque une réalité plus contrastée selon le statut juridique :

Statut juridiqueEHPAD (n)Évaluation HAS publiée
Public7898,7 %
Privé à but non lucratif142100,0 %
Privé commercial214100,0 %
Statut FINESS non renseigné2690,0 %

La quasi-totalité des établissements dont le statut juridique est correctement renseigné disposent d’une évaluation HAS. Le gap des 38,4 % vient massivement d’une population pour laquelle le statut juridique lui-même n’est pas renseigné dans FINESS (38,3 % du parc, soit 269 fiches). Pour ces établissements, la chaîne de remontée administrative est incomplète en amont, ce qui empêche la HAS de leur associer leur cotation.

Côté distribution des notes : 178 EHPAD ont reçu un A (« très bon »), 161 un B, 89 un C et 5 un D — soit 94 établissements (13,4 % du parc) avec une cotation faible C ou D. Le constat est plus net dans le public, où 34,6 % des établissements ont reçu un C ou un D, contre 13,6 % dans le privé commercial. Ce résultat à contre-courant des idées reçues s’explique en partie par l’ancienneté du parc public et la lourdeur des publics accueillis ; il appelle prudence dans l’interprétation, mais il est documenté.

Bonne nouvelle sur le calendrier : seules 15 évaluations HAS (2,1 %) datent de plus de trois ans. Le nouveau cycle Qualiscope est globalement à jour : 218 évaluations en 2024, 164 en 2025, 51 en 2023.

Hygiène alimentaire : la zone la plus opaque

C’est paradoxalement le contrôle sanitaire alimentaire — pourtant essentiel pour des établissements qui produisent jusqu’à 3 repas par jour pour des personnes vulnérables — qui apparaît le plus mal documenté. Seulement 199 EHPAD sur 703 (28,3 %) figurent dans la base publique Alim’confiance. Paris se distingue à nouveau favorablement (51,4 % de couverture), contre 15,5 % seulement en Seine-et-Marne et 18,7 % dans le Val-d’Oise.

Cette absence ne signifie pas absence de contrôle : la DGAL effectue des inspections, mais leur publication systématique sur Alim’confiance reste partielle. Le résultat pour les familles : impossible de vérifier en ligne que la cuisine d’un EHPAD a passé un contrôle officiel.

Statut juridique : un facteur explicatif, pas une mise en cause

Les chiffres montrent un effet net du statut juridique sur la publication tarifaire :

Statut juridiqueEHPAD (n)Tarif hébergement publié
Privé commercial21435,5 %
Privé à but non lucratif14223,9 %
Statut FINESS non renseigné26926,8 %
Public785,1 %

À première vue, le résultat surprend : le secteur public affiche le taux de publication tarifaire le plus faible (5,1 %). L’explication tient à la chaîne de remontée plus qu’à un comportement : pour les EHPAD publics autonomes et les EHPAD rattachés à des centres hospitaliers, les tarifs sont fixés par arrêté préfectoral mais la remontée dans le jeu de données CNSA reste fragile. À l’inverse, les groupes privés commerciaux les plus structurés transmettent en moyenne mieux leurs tarifs — sans pour autant dépasser un tiers de couverture.

S’agissant des groupes gestionnaires identifiables dans le parc francilien (sur un échantillon de quelques dizaines d’établissements détectables par leur enseigne) : les indicateurs agrégés montrent que certains groupes affichent moins de 55 % de leurs établissements avec un tarif hébergement publié, soit en dessous de la moyenne du privé non lucratif. Le baromètre s’abstient de tout classement nominatif : la taille des sous-échantillons (entre 5 et 37 EHPAD selon le groupe) reste statistiquement trop faible pour produire un classement robuste, et la responsabilité d’une absence dans la base CNSA peut tenir au conseil départemental autant qu’à l’opérateur.

19,8 % d’EHPAD totalement invisibles

L’indicateur le plus préoccupant n’apparaît dans aucun débat public actuel : 139 EHPAD franciliens (19,8 %) n’ont aucune donnée publique — ni tarif, ni évaluation HAS, ni contrôle d’hygiène. Pour ces établissements, une famille qui consulte les bases officielles ne dispose strictement de rien : ni prix, ni qualité, ni hygiène. Un EHPAD sur cinq d’Île-de-France est donc, du point de vue de la transparence opposable, un point aveugle.

Ce que dit la loi

L’obligation de transparence des EHPAD repose sur plusieurs textes convergents :

  • Article L.314-2 du Code de l’action sociale et des familles (CASF) : les tarifs d’hébergement et de dépendance des EHPAD habilités à l’aide sociale sont arrêtés annuellement par le président du conseil départemental, et publiés.
  • Loi ASV de 2015 : transparence renforcée des prix et création du comparateur officiel CNSA pour-les-personnes-agees.gouv.fr.
  • Décret n° 2016-1814 du 21 décembre 2016 : impose la publication par les EHPAD d’un socle de prestations avec son prix individuel et le prix de la journée.
  • Référentiel HAS 2022 : impose une évaluation externe quinquennale dont les résultats sont publiés sur Qualiscope.

La publication ne dépend pas de la volonté de l’EHPAD : c’est une obligation réglementaire. L’absence dans les bases publiques officielles caractérise donc une défaillance de remontée, qu’elle soit imputable à l’établissement, au gestionnaire départemental, ou aux deux.

Méthodologie SeniorVigil — pas à pas

  1. Téléchargement des quatre jeux publics : FINESS, CNSA tarifs EHPAD, HAS Qualiscope, Alim’confiance.
  2. Filtrage sur les 8 départements franciliens via le code département FINESS.
  3. Jointure par numéro FINESS établissement (clé pivot) et SIRET (clé de contrôle).
  4. Calcul de transparence : un indicateur est considéré « publié » si sa valeur est numérique strictement positive (tarifs) ou si l’objet associé est non vide (HAS, hygiène).
  5. Agrégation par département, par statut juridique, et croisement statut × département.
  6. Vérification par sondage manuel sur 30 fiches tirées au hasard, avec re-consultation des bases publiques d’origine.

Le code source du script de calcul est disponible dans le dépôt SeniorVigil. L’export complet est publié au format JSON pour permettre toute réutilisation citoyenne ou journalistique.

Ce que les familles peuvent faire en pratique

Face à une fiche EHPAD silencieuse, voici les recours utiles :

  • Exiger par écrit le devis et le contrat-type. C’est un droit prévu par le décret de 2016 sur le socle de prestations.
  • Consulter la fiche SeniorVigil de l’établissement : nous publions tous les indicateurs disponibles, et signalons explicitement les données manquantes pour chaque fiche.
  • Saisir le conseil départemental du lieu d’implantation : il dispose de l’arrêté tarifaire et doit le communiquer.
  • Vérifier la cotation HAS sur qualiscope.has-sante.fr.
  • Consulter alim-confiance.gouv.fr pour les contrôles d’hygiène (lorsque référencés).

Droit de réponse {#droit-de-reponse}

Ce baromètre mesure la disponibilité publique de la donnée, pas la qualité des établissements. Si vous gérez un EHPAD figurant dans nos compteurs « tarif absent » ou « évaluation HAS absente », deux actions concrètes :

  • Si l’absence vient d’un défaut de transmission : votre conseil départemental est le point de remontée vers la CNSA. Un courrier ou un e-mail à votre référent ARS suffit en général à déclencher la mise à jour.
  • Si vous avez bien transmis la donnée et qu’elle n’apparaît pas : signalez l’anomalie à la CNSA (via le formulaire data.gouv.fr) et à SeniorVigil par e-mail. Nous vérifierons sous 7 jours et publierons une correction dans la prochaine édition mensuelle de ce baromètre.
  • Téléchargement de votre fiche détaillée : la matrice par établissement est disponible dans le CSV téléchargeable.

L’objectif de SeniorVigil n’est pas de dénoncer mais de rendre la donnée publique réellement accessible aux familles. Toute amélioration de la chaîne de remontée sera prise en compte automatiquement par notre prochain rafraîchissement.

Sources et téléchargement de la data brute

Le jeu de données complet ayant servi à ce baromètre est disponible :

  • CSV par établissement (703 lignes, 76 KB) : transparence-idf-2026.csv — sous licence ouverte, citation requise « SeniorVigil — Baromètre transparence EHPAD IDF 2026 ».
  • JSON agrégé par département et statut juridique : disponible sur demande.

Sources primaires :

  • CNSA — Prix hébergement et tarifs dépendance des EHPAD : data.gouv.fr.
  • FINESS : data.gouv.fr (extraction du répertoire mise à jour mensuellement).
  • HAS Qualiscope : has-sante.fr — référentiel d’évaluation 2022.
  • Alim’confiance : data.gouv.fr / DGAL.
  • CASF L.314-2 : Légifrance.

Questions fréquentes

Pourquoi un EHPAD peut-il ne pas publier son tarif sur la base nationale CNSA ? Les tarifs d’hébergement et de dépendance sont arrêtés chaque année par le conseil départemental, puis transmis à la CNSA pour publication. La défaillance peut venir de l’établissement (transmission tardive), du conseil départemental (consolidation incomplète) ou de la chaîne d’agrégation nationale. Une absence dans la base CNSA ne signifie pas que le tarif n’existe pas : l’établissement le communique en général aux familles qui le demandent par écrit.

Quels sont les EHPAD les plus transparents en Île-de-France ? Les EHPAD parisiens (75) affichent globalement la meilleure couverture tarifaire publique (35,1 % avec tarif hébergement publié), suivis par les EHPAD privés commerciaux du parc francilien (35,5 %). Aucun département ne dépasse 50 % de publication tarifaire, ce qui reste un score modeste au regard de l’obligation légale.

Le secteur public est-il vraiment moins transparent que le privé ? Sur le tarif hébergement, oui en apparence : seulement 5,1 % des EHPAD publics franciliens ont un tarif publié dans la base CNSA, contre 35,5 % des privés commerciaux. Mais cette différence reflète surtout une faiblesse de la chaîne de remontée administrative entre les EHPAD publics, leurs conseils départementaux de rattachement et la CNSA — pas un refus actif de l’information. Sur l’évaluation HAS, le public est au contraire à 98,7 % de couverture.

Quelle valeur juridique a ce baromètre ? Aucune valeur opposable. Il s’agit d’un travail d’analyse documentaire indépendant à partir de bases publiques. Les pourcentages calculés sont reproductibles : le code source est ouvert, les sources sont citées, et le jeu de données peut être téléchargé. SeniorVigil ne porte aucune accusation individuelle à l’encontre d’un EHPAD ou d’un groupe gestionnaire ; il documente un constat agrégé.

Comment vérifier soi-même le tarif d’un EHPAD non publié dans la base CNSA ? Plusieurs leviers : demander par écrit le devis à l’établissement (obligatoire selon le décret de 2016), saisir le conseil départemental qui détient l’arrêté tarifaire annuel, ou consulter le contrat de séjour type publié sur le site de l’établissement. Si l’EHPAD refuse de communiquer, signalez le manquement à l’ARS Île-de-France.

Le baromètre sera-t-il mis à jour ? Oui. SeniorVigil recalcule l’indicateur à chaque mise à jour des bases publiques sources (mensuel pour FINESS, trimestriel pour CNSA, continu pour HAS et Alim’confiance). La prochaine édition est prévue pour le 14 août 2026.